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Bonjour, c’est Florent pour parler de sciences. Ce soir, nous évoquons les glaciers suisses avec Matthias Huss, glaciologue à la tête du réseau national qui les surveille. Nous faisons aussi le point sur l’annonce de Moderna sur son vaccin contre Covid-19.

Nous rencontrons également le chimiste français Jean-Marie Tarascon, spécialiste des batteries et du stockage de l’énergie, lauréat du prix Balzan 2020.

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Florent Hiard, Lausanne

16.11.2020

En 2020, les glaciers suisses ont fondu de 2%

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Prise de mesure sur le glacier d’Aletsch | Matthias Huss

En une année, les glaciers suisses ont perdu près de 2% de leur masse. Les dernières données, présentées en octobre par les glaciologues du Réseau suisse de mesure des glaciers (GLAMOS) à l’Académie des sciences, établissent ici un constat tristement similaire d’année en année. Certains glaciers ont ainsi perdu près de deux mètres d’épaisseur en moyenne sur les 12 derniers mois.

Matthias Huss, glaciologue à l’Ecole polytechnique de Zurich (ETH Zurich) et à l’Université de Fribourg, est à la tête de GLAMOS, programme financé entre autre par MétéoSuisse dans le cadre du système mondial d’observation du climat (GCOS). Il revient pour Heidi.news sur ce que représente l’année 2020 pour les glaciers suisses.

Heidi.news — Comment est réalisé le suivi des glaciers?
Matthias Huss — Nous suivons principalement deux indicateurs de l’état des glaciers: leur bilan de masse et leur recul dans la vallée. Pour le bilan de masse, des relevés de changement d’épaisseur sont effectués sur le terrain en différents points d’un glacier à la sortie de l’hiver et à l’automne, puis les données sont extrapolées à l’ensemble du glacier pour estimer la quantité de glace perdue.

En ce qui concerne le recul des glaciers, la méthode est plus simple. Il s’agit de comparer la position du front d’un glacier avec la position notée l’année précédente.

Par rapport aux années précédentes, quel est le bilan pour 2020?
L’année est dans la moyenne de la dernière décennie. Globalement, elle s’inscrit dans la même tendance, sans pour autant atteindre les extrêmes qu’avaient représenté les années 2017 à 2019. Ces étés avaient été particulièrement chaudes, causant de fortes pertes de glace. L’été 2019-2020 a été moins chaud, tout en restant à une température anormalement élevée. L’hiver a cependant été plus sec. De fait, peu de neige était présente sur les glaciers au printemps pour les protéger de la chaleur.

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«C'est grâce à un tremblement de terre que s'est relancée la recherche sur les batteries»

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Frédérique PLAS/UMR8620/CNRS hotothèque

Jean-Marie Tarascon est professeur au Collège de France et membre de l’Académie française des sciences. Ce spécialiste des enjeux liés aux batteries et au stockage de l’énergie a reçu en septembre le prix Balzan 2020, consacré aux défis environnementaux et à la science des matériaux pour les énergies renouvelables. Il s’accompagne d’une dotation de 750’000 francs suisses.

A cette occasion, Heidi.news a pu échanger avec le lauréat. Avenir des batteries lithium-ion après la consécration du Nobel de chimie en 2019, nouveaux défis à l’heure des smart grids et des véhicules électriques… Entretien.

Heidi.news — On observe aujourd’hui un véritable foisonnement dans la R&D sur les batteries. D’autres technologies que le lithium-ion, qui reste encore prédominant, sont évaluées. Où en est-on aujourd’hui?
Pr Jean-Marie Tarascon— Depuis plusieurs années c’est la technologie Li-ion, qui a le rapport performances-coûts le plus concurrentiel, qui domine le marché des portables, véhicules électriques, par exemple. Aujourd’hui, la R&D se poursuit sur celles-ci, mais les questions sont différentes: il s’agit de réduire leur empreinte écologique, notamment en limitant leur teneur en cobalt.

Mais d’autres technologies font également l’objet de recherches approfondies: batteries lithium-air, lithium-soufre, ou même zinc-air. J’ai pour ma part travaillé sur une solution sodium-ion, une technologie qui pourrait être commercialisée d’ici cinq à dix ans. Elles ne concurrencent pas directement les batteries Li-Ion, mais leur sont complémentaires, car elles trouvent des niches d’application différentes.

Elles développent en effet une puissance électrique bien plus importante que les batteries Li-Ion. Or, c’est précisément ce que l’on cherche pour les véhicules dits mild hybrid, où la batterie, via un générateur électrique, vient en renfort d’un moteur thermique traditionnel, et se recharge au cours de la conduite. Au vu des normes européennes sur les émissions CO2 du secteur automobile, et des implications financières pour les constructeurs, je crois qu’il existe un véritable marché pour cette technologie.

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Une raison d'espérer

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AP Photo/Chris O’Meara

Nouveau vol vers l’ISS pour SpaceX. La capsule Crew Dragon, de SpaceX, projetée par une fusée Falcon 9 de la même firme, a décollé ce dimanche de Cap Canaveral en direction de la Station spatiale internationale (ISS). A son bord, trois Américains et un Japonais constituent le second équipage lancé par SpaceX pour la NASA. Parmi eux, Victor Glover sera le premier membre noir de l’équipage. En août, le directeur du centre d’entraînement des astronautes de l’ESA expliquait à Heidi.news l’intérêt de passer par des fusées et capsule SpaceX.

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Le monde change, la presse aussi

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En sciences cette semaine

Si vous les aviez ratés, voici quelques articles publiés ces derniers jours sur le Flux Sciences de Heidi.news.

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Capture d’écran du film | Thana TV/Tprod/Tomawak

«Hold-up»: le regard de la psychologie sociale. «Hold-up», présenté comme un documentaire, révèlerait une «manipulation mondiale» autour de Covid-19 mais ses propos franchissent très souvent la ligne rouge de la désinformation. Alors que le film a été désavoué par sa plateforme de crowdfounding, comment expliquer le succès rencontré par le film et par sa campagne de financement participatif? Nous avons interrogé des chercheurs en psychologie sociale.

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De la pandémie au climat. Le Climathon de Genève proposait pour la deuxième année consécutive de regrouper plusieurs équipes de volontaires pour élaborer de nouvelles solutions en faveur du climat. Se déroulant en ligne vendredi et samedi, l’événement participatif a notamment vu naître Air Smiles, un concept qui vise à récompenser ceux qui choisissent de participer à une conférence en ligne plutôt qu’en présentiel.

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VIDÉO. La lignée humaine expliquée par Friends. Il y a 40’000 ans à peine, plusieurs espèces d’hommes peuplaient la planète. Il y avait nous, Homo sapiens sapiens, mais aussi l’homme de Néandertal, l’homme de Denisova et plusieurs autres encore. Aujourd’hui pourtant, il ne reste plus que nous. Nous avons évincé tous les autres.

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Transition énergétique et crise sanitaire. La transition vers les énergies renouvelables se poursuit, malgré la crise du coronavirus. C’est le message positif d’un rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) publié le 10 novembre. En y regardant de plus près, le bilan est toutefois plus contrasté.

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Les lieux publics les plus à risque de contamination à Covid-19. L’Europe entame une nouvelle période de confinement face à la deuxième vague Covid-19. A quoi ressemblera le nouveau «déconfinement»? Quels commerces faudra-t-il rouvrir en priorité, et comment? Afin de chiffrer les lieux publics les plus susceptibles de mener à des événements dits «superpropagateurs», des chercheurs américains ont eu l’idée d’utiliser les données générées par les téléphones mobiles.

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L’OFEV se penche sur le climat suisse. Le changement climatique n’est pas pour demain: il est déjà sensible aujourd’hui, même en Suisse. C’est ce que rappelle l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) à travers son rapport «Changements climatiques en Suisse: indicateurs des causes, des effets et des mesures», publié ce 16 novembre 2020, à consulter en ligne.

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Pendant ce temps sur Heidi.news

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Le vaccin de la biotech américaine sera produit en Valais chez Lonza./Heidi.news

Au tour de Moderna d’annoncer son vaccin. L’entreprise américaine Moderna annonce via un communiqué de presse les premiers résultats d’efficacité de son vaccin à ARN messager. Avec une efficacité évaluée à 94,5%, le vaccin passe avec succès le cap de l’analyse intérimaire. Il faudra attendre les résultats définitifs, d’ici quelques semaines, pour mieux connaître des éléments clés que sont la bonne tolérance et l’efficacité chez les personnes âgées. La Suisse a précommandé 4,5 millions de doses du vaccin de Moderna.

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La Confédération tire profit de la vente de masques. Les masques ne sont pas considérés comme des biens de consommation courants. De ce fait, ils sont soumis à une taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de 7,7%. La Confédération tire ainsi profit de l’obligation d’en porter. En se référant à la valeur des masques importés entre mars et septembre 2020 en Suisse, il est possible d’évaluer les revenus à un ordre de grandeur, à prendre avec des pincettes, de plus de dix millions de francs.

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Comment l’Australie a contrôlé l’épidémie. Pour réussir à conserver le nombre de nouveaux cas de Covid-19 au plus bas, le gouvernement australien a pratiqué une stratégie agressive dès la première vague du mois de mars. Le chef de la santé de l’Etat de Victoria a résumé la situation ainsi: «If you don’t crush this virus, it could crush you (Si vous n’écrasez pas ce virus, il pourrait vous écraser, ndlr)». Voici comment le pays y est parvenu.

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Les citoyens contre le moustique tigre. Longtemps épargnée par ce fléau, la Suisse fait à son tour face à la propagation d’Aedes albopictus. Vecteur de maladies infectieuses parfois mortelles, le moustique tigre est une réelle nuisance et constitue désormais une préoccupation importante pour de nombreuses villes. Le rôle des citoyens s’avère fondamental dans cette lutte et de plus en plus de sites et d’applis sont disponibles pour les motiver à s’impliquer dans cette lutte de longue haleine.

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Covid-19 et obsèques. A Genève, les délais s’allongent progressivement dans les services de pompes funèbres. Le témoignage d’un parent de victime du Covid-19 vient illustrer les difficultés que rencontrent les pompes funèbres du canton, où l’attente pour des obsèques peut maintenant dépasser les 10 jours. Une famille témoigne.

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Pourquoi le télétravail peine à s’imposer. Le travail à domicile est devenu à nouveau le mot d’ordre en Suisse. Présentée comme une des solutions phares pour endiguer l’épidémie, cette pratique reste pourtant une recommandation que les cantons peinent parfois à faire respecter. C’est pourtant l’une des principales mesures qui permet de limiter les contacts physiques entre personnes et ainsi de mettre un frein à la propagation du virus.

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La lente décrue de l’épidémie se poursuit en Suisse. Avec 1036,1 cas pour 100’000 habitants, l’épidémie poursuit sa lente décrue en Suisse. Retrouvez les grandes étapes de la pandémie dans notre article, enrichi chaque jour.

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Florent Hiard est journaliste scientifique chez Heidi.news, et ancien assistant-diplômé en géosciences à l’Université de Fribourg. Pour lui écrire, c’est par ici

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Séance de rattrapage avec l'édition du 09.11.2020

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